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Pourquoi tant de haine ?

Nos institutions sont curieuses : Au soir de chaque élection, le nouveau président se positionne comme celui de tous les français, à l'issue d'une compétition qui a exacerbé les différences de philosophie et les rivalités personnelles. Pour créer un grand consensus national, pour une vision partagée de notre avenir, il y a mieux. En 1984, je publiais un article pour un "positivisme politique", en détournant une célèbre phrase, "pour tout ce qui est pour, et contre tout ce qui est contre".

Nouveauté aujourd'hui, la volonté affirmée par le président élu de dépasser les clivages traditionnels. Un espoir de coopération de toutes les bonnes volontés. Mais les porteurs de l'ancienne vision résistent, et il est permis d'être inquiet de la montée du ressentiment et de la violence, voire du sentiment affiché de haine, que la campagne électorale a provoquée. Certains croyaient leur tour arriver, d'autres se croyaient les seuls légitimes, comme si la vérité pouvait appartenir à une seule famille de pensée. La vie politique organise la compétition pour le pouvoir, et non la coopération et la recherche d'un avenir où chacun se trouve une place honorable. Le régime majoritaire instauré en France depuis la 5e république ne favorise pas la culture du dialogue et de la coopération. Celle-ci peut-elle malgré tout prendre le dessus, et offrir ainsi une chance à la découverte de nouvelles issues à nos crises, de nouvelles perspectives à proposer à nos concitoyens souvent déboussoulés, voire désespérés ? Les forces anciennes prospèrent sur l'image de vieux conflits, et craignent de les voir passer au second rang. Est-ce pour ça qu'elle laissent apparaître un tel niveau de ressentiment ? La montée visible d'une forme de haine est-elle la bonne réponse à une défaite politique ?

Edito du 10 mai 2017

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